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Les producteurs de veaux de lait réclament une aide d’urgence

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Durement touchés par les répercussions de la COVID-19, les producteurs de veaux de lait du Québec réclament une aide financière de 121 $ par bête afin de surmonter cette crise sans précédent. Autrement, la filière québécoise risque de ne pas survivre si la pandémie se poursuit, affirment les Producteurs de bovins du Québec (PBQ).

Par voie de communiqué, les PBQ ont interpellé le gouvernement du Québec la semaine dernière, arguant que « la fermeture des restaurants, de l’activité touristique et des exportations, principaux marchés de cette viande, ont placé les fermes dans une situation de précarité sans précédent ».

Selon le copropriétaire de Délimax-Montpak, Fabien Fontaine, les producteurs de veaux de lait enregistrent des pertes de revenus moyennes de 120 $ à 140 $ par animal depuis le début de la crise sanitaire. « Le prix à l’unité pour certaines pièces de viande du centre de l’animal a pratiquement été coupé par deux depuis la COVID. Au lieu de pouvoir exporter ces parties sur le marché américain avec un taux de change avantageux à 30 %, nous les distribuons sur le marché canadien où la perte de 30 % est immédiate », illustre celui qui est à la tête du plus important producteur de veaux et d’agneaux en Amérique du Nord.

Près de 60 % des 80 000 veaux de lait produits au Québec annuellement sont exportés vers les États-Unis. « Lorsque le marché se replie comme à l’heure actuelle, il y a une forte pression à la baisse sur les prix », ajoute M. Fontaine.

Sur le marché local, le président note qu’on parvient difficilement à trouver preneur pour les coupes de viande les plus raffinées. Elles terminent donc leur course dans le congélateur, ce qui entraîne une diminution supplémentaire du revenu pour les producteurs. Toutes protéines animales confondues, les congélateurs de Délimax hébergent près de 10 millions de livres de viande à l’heure actuelle, soit trois fois plus qu’en temps normal. « À la vitesse où ça va, on ne pense pas pouvoir diminuer d’ici les prochains mois », laisse tomber celui dont le siège social est situé à Saint-Hyacinthe.

Fabien Fontaine craint d’ailleurs qu’en l’absence d’aide gouvernementale, le secteur de la production de veaux de lait finisse par succomber à la pression financière qu’exerce la crise sur lui. Faute de revenus suffisants, les producteurs pourraient choisir d’abandonner l’élevage des bêtes ou devoir fermer leurs portes. « En bas de 80 000 veaux produits par année, ce serait dommageable pour la filière. Il faut maintenir un certain volume pour absorber tous les frais. Autrement, la production de veaux de lait disparaîtra et c’est vrai que nous n’en retrouverons plus sur les tablettes des supermarchés », plaide-t-il, en référence au cri du cœur lancé en mai aux consommateurs québécois pour les inciter à mettre du veau local dans leur assiette.

Programmes inefficaces

Bien que des programmes de stabilité du revenu agricole existent pour soutenir les producteurs, Fabien Fontaine estime que ceux-ci ne sont pas adaptés à la réalité imposée par la COVID-19. Les conditions d’admissibilité devraient être allégées, soutient-il. « Oui, des programmes comme Agri-Stabilité sont là pour nous appuyer. Par contre, lorsque tu sors un lot de veaux de 500 bêtes avec un déficit de 100 $ par tête, il n’y a aucun programme pour t’appuyer dans l’immédiat. Si, en plus, tu as le malheur de faire d’autres types d’élevage ou de culture, tous tes revenus sont noyés dans le même programme et ça devient presque impossible de te qualifier », dénonce-t-il.

Il songe d’ailleurs à la crise de la vache folle, en 2003, où le gouvernement avait remis une aide financière spéciale aux producteurs bovins dans un délai de quatre mois seulement. « À peine un mois et demi après le début de la crise, nous avions déjà des nouvelles du [gouvernement] fédéral. On devait empêcher le milieu bovin de s’effondrer et trois ans après la crise, tout le monde avait survécu », se remémore M. Fontaine.

Aux prises avec les impacts de la pandémie depuis huit mois, il déplore d’ailleurs la lenteur de la réaction gouvernementale dans ce contexte exceptionnel. La réponse du ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, André Lamontagne, quant à l’aide financière réclamée par les PBQ se fait toujours attendre.

Jennifer Blanchette, Initiative de journalisme local, Le Courrier de Saint-Hyacinthe