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Agriculture : les producteurs de grains de l’Est demandent l’assouplissement des critères de soutien

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À la veille de la réunion des ministres de l’Agriculture du fédéral et des provinces les 20 et 27 novembre prochain, les Producteurs de grains du Québec, l’Atlantic Grains Council et les Grain Farmers of Ontario espèrent obtenir la modification du programme Agri-stabilité.

Le programme Agri-stabilité destiné à la gestion des risques, aide les agriculteurs durant les périodes de grande nécessité, avec des coûts partagés par les agriculteurs, les provinces et le fédéral. Les trois organismes ont récemment plaidé pour le retour aux anciens paramètres au cours d’une campagne de sensibilisation. Ils aimeraient que le seuil de déclenchement de l’assistance soit rétabli à 85 % de la marge de production et la limite de marge de référence, éliminée.

Agri-stabilité et Agri-Québec Plus interviennent lorsque la marge de production de l’année est inférieure à un pourcentage de la marge de référence basée sur la moyenne des cinq dernières années. Ce pourcentage est de 70 % pour Agri-stabilité et de 85 % pour Agri-Québec Plus. Lorsque la marge de production de l’année est inférieure à ces pourcentages, ces deux programmes interviennent en complémentarité pour combler l’écart chez les producteurs du Québec. En ce qui concerne Agri-stabilité, la marge de référence est limitée aux dépenses admissibles jusqu’à l’atteinte d’un seuil correspondant à 70 % de la marge de référence.

Les producteurs de grains saluent le commentaire de la ministre fédérale de l’agriculture, Marie-Claude Bibeau, qui aurait récemment reconnu que le programme devrait connaître quelques modifications, et notamment l’élimination de cette marge de référence. Ils espèrent qu’à l’issue de la rencontre des ministres de l’Agriculture, cette mesure sera adoptée en même temps que le relèvement du seuil de paiement à 85 % de la marge de production.

Une réunion très attendue

Le soutien « vital » et « le leadership » de la ministre Bibeau ne suffisent pas pour dissiper les incertitudes des producteurs.

« Si cet avis n’est pas partagé par l’ensemble des provinces, le programme ne sera pas amélioré. Nous ne pouvons pas faire face à d’autres perturbations sans qu’il y ait des programmes adéquats de protection de nos entreprises », a justifié Markus Haerle, président des producteurs de grains de l’Ontario (Grain Farmers of Ontario).

« En 2013, le programme Agri-stabilité est devenu un programme de soutien non viable pour la majorité des producteurs de grains au Canada, et il en est ainsi depuis. Nous devons être préparés à la prochaine perturbation des marchés », a Christian Overbeek, président des Producteurs de grains du Québec. Il a indiqué en entrevue qu’à cause des paramètres élevés, peu de membres avaient bénéficié de l’Agri-stabilité.

Le président de Atlantic Grains Council, Roy Culberson, estime pour sa part que le seuil de déclenchement de l’Agri-stabilité à 70 % ne fournit « aucun soutien, durant les crises », il considère la réunion des ministres comme « une occasion unique d’assurer la santé et la protection de notre système alimentaire pour les générations à venir. »

Le rétablissement du critère d’accès à l’Agri-stabilité à 85 % tout en éliminant la limite de marge de référence améliorerait le climat d’investissement pour les producteurs et assurerait la hausse continue de la productivité, selon un rapport d’Agri-Food Economic Systems rendu public en novembre 2020 et intitulé « La réforme du programme Agri-stabilité est cruciale. » Les producteurs du Québec qui redoutent la concurrence américaine plus soutenue dans l’accès à l’investissement et les nouvelles technologies ne se sentent pas compétitifs.

« Les États-Unis ont fourni à leurs producteurs agricoles des milliards de dollars en soutien pour traverser ces temps difficiles. Notre gouvernement fédéral demande aux producteurs agricoles et aux provinces d’assumer le coût du jeu de pouvoir géopolitique, ce qui est inadmissible. Le fédéral doit se mobiliser pour protéger le système alimentaire, comme le mentionne le rapport », affirme Christian Overbeek, président des Producteurs de grains du Québec.

Godlove Kamwa, Initiative de journalisme local, Le Canada Français